Portrait d'Allan Sutton accordant un piano
Allan Sutton

Catégorie : Web musical

Alice est morte

9 h 15 min

Dans un article de septembre 2012, je vous parlais brièvement d’Alice, centenaire survivante de l’Holocauste (en fait, elle en était  la plus vieille survivante…), amoureuse du piano et de la vie, et maintenant sujet d’un documentaire du Montréalais Malcom Clarke (en nomination aux Oscars).

Elle est morte à l’âge de 110 ans ! « Regardez-les ! » dit-elle de ses voisins, « personne ne rit ! »

Moi, je ris….

Le film est à l’affiche du Cinéma du Parc: Vendredi 28 février: 13h45, Samedi 1er mars: 10h15, Dimanche 2 mars: 16h45, Lundi 3 mars au Jeudi 6 mars: 13h45

 

Für Anna Magdalena

11 h 47 min

Ça commence bien l’année !

Je suis excité de vous présenter pour la première fois un article d’une rédactrice invitée, Lucie Renaud. Vous avez lu ses présentations au concert ou ses articles dans La Scena Musicale, vous la découvrirez passionnée de littérature et partageant les moments quotidiens sur Le Clavier bien tempéré. Elle me fait le grand plaisir de partager ici une lettre émouvante que Jean-Sébastien Bach aurait pu écrire à sa femme Anna-Magdalena.

Merci Lucie.

 

Ma mi, ma réson de vivre,

Quand tu trouveras ces feuillets déposés sur ton instrument, j’arpenterai les corridors de Saint Thomas entre deux répétitions. Je sais combien, ces jours-ci, tu te sens alourdie par ce nouvel être que tu portes et que j’aime déjà de tout mon être. Même si tu penses que j’y suis aveugle, je collectionne les petits gestes d’amour que tu poses au quotidien : la préparation des repas et la tenue de la maison, la tendresse que tu témoignes à nos enfants, la façon dont tu leur transmets les rudiments de la théorie musicale, ton rire qui s’unit aux leurs lors des séances de jeux. Je reconnais aussi l’étincelle qui passe dans ton regard lorsque tu réussis à voler quelques instants pour t’asseoir à l’instrument, seule face à ta musique, que ta voix s’élève sotto voce, dans la nuit largement entamée.

Tu te rappelles l’autre soir, je t’ai joué le début d’un Andante, inspiré par une page de Marcello entendue au café, devenue mienne, devenue tienne? Ton soprano cristallin a enlacé le chant de la main droite dès la deuxième phrase, avec une passion à peine contenue qui m’a d’un seul coup replongé quatorze ans en arrière, ce jour où tu m’as dit « oui », que tu as tourné le dos à mon passé pour te concentrer sur notre avenir. Les volutes que j’ai inscrites dans ces quelques pages, elles te représentent toutes : l’arc de tes sourcils, l’ourlé de tes lèvres, la délicatesse de ton oreille, la cambrure de tes reins, l’arrondi voluptueux de tes seins, le creux de ton dos, tordu par le poids de l’enfant à naître, le délié de ton cou, encore si somptueux, le galbe de tes hanches, la plénitude de ton ventre, la grâce qui habite en tout temps tes doigts, tes poignets. Sous ces courbes, tes courbes, j’ai noté une pulsation, en main gauche, battement constant de mon cœur, de mon corps, quand je te contemple ou, entre deux cours, deux cantates, mes pensées volent vers toi.

Je le devine, je le perçois, je ne te consacre pas suffisamment de temps, l’esprit alourdi par ces obligations à remplir, semaine après semaine, mois après mois, année après année. Tu as accepté, en t’offrant pour la première fois, cette nuit-là, la place qu’occupaient la musique, la foi, dans mon existence. Je ne t’ai jamais remerciée pour cette abnégation, cette sollicitude, la solitude créatrice à laquelle tu renonçais pour que je puisse vivre la mienne. Je ne t’ai jamais avoué que personne ne m’avait jamais touché comme tu avais su le faire, lire en moi comme en une partition, devenir contresujet d’une fugue à deux voix qui jamais ne s’achèvera, même quand j’aurai fermé les yeux pour toujours.

Pour toutes les fois où je ne t’ai pas dit « Je t’aime », approprie-toi une de ces phrases, fais-la danser, comme si tu te coulais dans mes bras, le temps de quelques pas esquissés dans le silence, dans la confiance. Pour toutes les fois où j’aurais voulu te chuchoter « J’ai besoin de toi », ancre tes doigts dans les doubles tierces, car elles représentent notre périple, note à note, main dans la main, cœur contre cœur. Pour toutes les fois où tu as suscité le jaillissement l’étincelle créatrice en moi sans le savoir, en solfiant une ligne, en corrigeant le doigté de Wilhelm Friedemann, de Carl Philip Emmanuel, en essuyant une larme en pensant à tous nos petits disparus bien-aimés, j’inscris « Merci » entre deux cadences, deux respirations. Cet Andante, il t’appartient, comme je t’appartiens, aujourd’hui comme hier, comme demain, pour l’éternité.

Ton Johann Sebastian

© Lucie Renaud

Écrit en prolongement du deuxième mouvement du Concerto italien de Bach, BWV 971

 

 

Voir la musique

0 h 33 min

Voici une interprétation visuelle de la pièce Clair de lune de Debussy.
C’est similaire à ce qu’un logiciel de séquence musicale nous offre comme présentation « piano roll » mais en plus coloré et dépouillé.

Plusieurs personnes préfèrent fermer les yeux en écoutant la musique mais Lang Lang, par exemple, semble penser que ses élucubrations gestuelles peuvent ajouter à l’expérience. Moi j’aime regarder le chef d’orchestre, le pianiste, l’ensemble à cordes. J’aime voir les regards complices des chambristes, les massives ondulations des choristes et les piétinements acharnés des organistes sur leur pédalier.

 


« Nous déclarons que nous sommes tous responsables: éducateurs,  politiciens, organisations sociales, syndicats, églises, pour la sauvegarde et la protection de notre mère la terre et nous proclamons qu’un monde différent est possible. »

Le texte est tiré de la Déclaration de la Cour pénale européenne pour l’environnement lors du Forum international à Venise en 2009.

La voix de l’enfant a été analysée et ses composantes spectrales traduites en « pixels » sonores.  Un logiciel séquenceur normal pilote  une sorte de « joueur de piano » mécanique pour reproduire la voix. N’est-ce pas magique ?


Nous adorons notre instrument, le piano, qui fait encore appel à une technologie vieille de plusieurs centaines d’années et à des principes acoustiques éternels.

Cela ne nous empêche pas d’apprécier et d’utiliser les inventions et les perfectionnements modernes.

Le iPad est le plus récent « buzz » en terme de portabilité de l’internet: on prétend que ça révolutionne encore l’informatique personnelle.

D’autre part, les éditeurs d’une référence « papier »  incontournable pour tout savoir sur les pianos, le Piano Book, propose maintenant gratuitement, en format électronique, un supplément bisannuel, le Acoustic & Digital Piano Buyer. Il faut s’abonner pour recevoir une version papier.

Jusqu’ici, il n’était pas agréable de lire la revue électronique sur un ordinateur portable dont l’écran est en format paysage. Avec le iPad, cependant, vous n’avez qu’à tourner l’appareil pour feuilleter et voir les pages de la revue dans un format « naturel ». C’est malheureusement en anglais seulement.

Merci Apple !

piano-buyer-on-ipad


Pour démocratiser la musique classique, on cherche à renouveler la manière de la présenter. L’association surprenante de ces deux éléments à priori étrangers s’avère charmante.

Trouvez l’erreur

23 h 04 min

Saurez-vous trouver ce qui cloche sur cette image?

Les cordes de basse dun piano droit
Les cordes de basse d'un piano droit

Je suis d’accord avec eux: Le piano Ravenscroft est le meilleur piano au monde. (D’accord, disons, un des meilleurs pianos au monde) J’ai eu l’occasion de l’essayer- voyez mon article ici

C’est le pianiste de jazz Bob Ravenscroft qui a commandé à Michael Spreeman un instrument qui pourrait enfin le libérer des limites des instruments disponibles, et ce sont deux pianistes de jazz qui en parlent ici, mais l’instrument que j’ai joué est absolument magnifique pour le répertoire classique aussi. J’aimerais l’entendre dans une grande salle avec orchestre, mais on m’assure que le piano s’est montré à la hauteur.


C’est une curiosité rare! Qui peut bien investir temps et argent dans un concept si…lourd?

Le piano Borgato double à pédalier
Le piano Borgato double à pédalier

L’orgue est toujours équipé d’un pédalier qui permet de jouer les notes basses avec les pieds, mais pas le piano. Historiquement, quelques clavicordes et quelques pianos à pédalier ont été construits, parfois à la demande des compositeurs tels Beethoven et Schumann dont nous écoutons une pièce composée pour tirer profit des possibilités de son propre instrument à pédalier en 1850.

La technologie  permettrait d’obtenir des résultats identiques bien plus facilement. Un pédalier MIDI pourrait contrôler un deuxième piano équipé un système électromagnétique qui active les touches mécaniquement. Et je n’ose imaginer la difficulté pour accorder le piano qui est en dessous!

Le site des pianos Borgato