Portrait d'Allan Sutton accordant un piano
Allan Sutton

On vous propose l’ajout d’un système de contrôle climatique Dampp Chaser pour  protéger votre piano contre les changement d’humidité si dommageables pour votre instrument ?

Voici quelques points à savoir pour prendre une décision éclairée.

Disons d’abord que les doutes quant à l’efficacité du système sont maintenant quasi inexistants. Les manufacturiers de piano ont approuvé et rares sont les techniciens qui les contrediraient. Les propriétaires de pianos ainsi équipés sont unanimes: l’accord tient beaucoup mieux. Un piano doté d’un Dampp Chaser verra sa durabilité doublée au moins.

La compagnie Dampp Chaser  offre de la formation et un mécanisme de certification afin d’aider les techniciens à bien évaluer la pertinence d’installer un tel système chez vous. La compagnie interdit formellement aux distributeurs de vendre l’appareil directement au consommateur qui voudrait en faire l’installation soi-même pour s’assurer que tous les systèmes soient bien installés et toujours avec une large perspective comprenant l’état du piano, l’environnement dans lequel il est situé, les besoins spécifiques etc.

Bien entendu, l’environnement idéal pour un instrument de musique serait l’atmosphère parfaitement contrôlé d’un musée. Si votre maison est doté d’un système de contrôle climatique semblable, vous n’avez pas besoin d’un Dampp Chaser. Dans les faits, les propriétaires gardent rarement la climatisation en marche tout l’été, par exemple.

Peu d’endroits sur terre offrent des conditions propices pour un piano de manière naturelle. Près de la mer, l’air salin trop humide cause  beaucoup de dommage. Avez-vous déjà vu un de ces pianos dans un hôtel à Cuba ? Chez nous, c’est l’alternance des saisons avec la nécessité de chauffer les maisons l’hiver qui est problématique.

Le système est absolument silencieux et, dans un piano droit, complètement invisible, si ce n’est pour un petit bloc de lumières indicatrices qui témoignent du bon fonctionnement du système et pour attirer votre attention quand il faut ajouter de l’eau. (Typiquement, chaque semaine durant l’hiver, moins souvent durant l’été)

Dans un piano à queue, le bac est un peu plus grand que la place disponible entre les montants sous le piano, et le tissus noir qui ferme proprement le dessous peut se voir si vous êtes assis assez bas.

Dans tous les cas, le système doit rester branché dans une prise électrique non-reliée à un interrupteur car l’alimentation électrique doit être assurée en tout temps. (Une exceptionnelle interruption de quelques heures, voir de quelques jours n’est pas catastrophique).

Lorsque la lumière indicatrice le signale, il faut ajouter l’eau au moyen d’un bidon (fourni) qui s’insère dans un tube judicieusement dissimulé. Un additif spécial est ajouté chaque fois à l’eau de remplissage pour éviter les moisissures et une excessive accumulation de calcaire.

Deux fois par année selon les recommandations du manufacturier (mais une fois à l’automne c’est bien suffisant), le technicien doit remplacer les buvards d’évaporation avec leur gaine de plastique. À cette occasion, il vous remettra une bouteille de l’additif requis. Si c’est fait en même temps qu’un accord, le coût de ce service est de $ 25. Périodiquement (à tous les 5 ans par exemple) le système sera démonté pour un nettoyage en profondeur à un coût supérieur.

La compagnie Dampp Chaser prétend avec raison que les coûts d’opération de ce système sont considérablement plus bas qu’avec l’utilisation des autres appareils que certains utilisent pour le même usage. Les déshumidificateurs et les climatiseurs sont très énergivores. Remplir chaque jour un humidificateur portatif est très astreignant.

Un excellent complément à ceci serait une couverture de cordes faite de laine, sur mesure, pour encore mieux procurer au piano à queue un « micro-climat » qui protégerait  le dessus de la table d’harmonie et le sommier. (Ça ne touche pas aux cordes et ça n’a aucun effet sur le son)

Un beau piano équipé d'une couverture de cordes

Une solution moins coûteuse serait de placer une jetée sur le piano entre les utilisations.

Que dites-vous de cette belle housse fabriquée sur mesure :

 

Dampp Chaser, « undercover », couverture de cordes: avec un piano maintenu dans un tel « cocon » de protection, un musicien fera moins souvent appel à son accordeur de piano. Ce n’est pas parce que nous n’aimons pas aller chez vous !


Ça commence bien l’année !

Je suis excité de vous présenter pour la première fois un article d’une rédactrice invitée, Lucie Renaud. Vous avez lu ses présentations au concert ou ses articles dans La Scena Musicale, vous la découvrirez passionnée de littérature et partageant les moments quotidiens sur Le Clavier bien tempéré. Elle me fait le grand plaisir de partager ici une lettre émouvante que Jean-Sébastien Bach aurait pu écrire à sa femme Anna-Magdalena.

Merci Lucie.

 

Ma mi, ma réson de vivre,

Quand tu trouveras ces feuillets déposés sur ton instrument, j’arpenterai les corridors de Saint Thomas entre deux répétitions. Je sais combien, ces jours-ci, tu te sens alourdie par ce nouvel être que tu portes et que j’aime déjà de tout mon être. Même si tu penses que j’y suis aveugle, je collectionne les petits gestes d’amour que tu poses au quotidien : la préparation des repas et la tenue de la maison, la tendresse que tu témoignes à nos enfants, la façon dont tu leur transmets les rudiments de la théorie musicale, ton rire qui s’unit aux leurs lors des séances de jeux. Je reconnais aussi l’étincelle qui passe dans ton regard lorsque tu réussis à voler quelques instants pour t’asseoir à l’instrument, seule face à ta musique, que ta voix s’élève sotto voce, dans la nuit largement entamée.

Tu te rappelles l’autre soir, je t’ai joué le début d’un Andante, inspiré par une page de Marcello entendue au café, devenue mienne, devenue tienne? Ton soprano cristallin a enlacé le chant de la main droite dès la deuxième phrase, avec une passion à peine contenue qui m’a d’un seul coup replongé quatorze ans en arrière, ce jour où tu m’as dit « oui », que tu as tourné le dos à mon passé pour te concentrer sur notre avenir. Les volutes que j’ai inscrites dans ces quelques pages, elles te représentent toutes : l’arc de tes sourcils, l’ourlé de tes lèvres, la délicatesse de ton oreille, la cambrure de tes reins, l’arrondi voluptueux de tes seins, le creux de ton dos, tordu par le poids de l’enfant à naître, le délié de ton cou, encore si somptueux, le galbe de tes hanches, la plénitude de ton ventre, la grâce qui habite en tout temps tes doigts, tes poignets. Sous ces courbes, tes courbes, j’ai noté une pulsation, en main gauche, battement constant de mon cœur, de mon corps, quand je te contemple ou, entre deux cours, deux cantates, mes pensées volent vers toi.

Je le devine, je le perçois, je ne te consacre pas suffisamment de temps, l’esprit alourdi par ces obligations à remplir, semaine après semaine, mois après mois, année après année. Tu as accepté, en t’offrant pour la première fois, cette nuit-là, la place qu’occupaient la musique, la foi, dans mon existence. Je ne t’ai jamais remerciée pour cette abnégation, cette sollicitude, la solitude créatrice à laquelle tu renonçais pour que je puisse vivre la mienne. Je ne t’ai jamais avoué que personne ne m’avait jamais touché comme tu avais su le faire, lire en moi comme en une partition, devenir contresujet d’une fugue à deux voix qui jamais ne s’achèvera, même quand j’aurai fermé les yeux pour toujours.

Pour toutes les fois où je ne t’ai pas dit « Je t’aime », approprie-toi une de ces phrases, fais-la danser, comme si tu te coulais dans mes bras, le temps de quelques pas esquissés dans le silence, dans la confiance. Pour toutes les fois où j’aurais voulu te chuchoter « J’ai besoin de toi », ancre tes doigts dans les doubles tierces, car elles représentent notre périple, note à note, main dans la main, cœur contre cœur. Pour toutes les fois où tu as suscité le jaillissement l’étincelle créatrice en moi sans le savoir, en solfiant une ligne, en corrigeant le doigté de Wilhelm Friedemann, de Carl Philip Emmanuel, en essuyant une larme en pensant à tous nos petits disparus bien-aimés, j’inscris « Merci » entre deux cadences, deux respirations. Cet Andante, il t’appartient, comme je t’appartiens, aujourd’hui comme hier, comme demain, pour l’éternité.

Ton Johann Sebastian

© Lucie Renaud

Écrit en prolongement du deuxième mouvement du Concerto italien de Bach, BWV 971

 

 


Je suis souvent ébahi par le talent et l’intelligence des jeunes musiciens que je croise. J’ai d’abord connu Serhiy Salov en l’entendant faire la partie d’orchestre des concertos pour accompagner des élèves à l’Université de Montréal. Toujours musical, il s’acquitte de cette tâche de façon magistrale.

On ne s’en étonne pas quand on sait qu’il a gagné le premier prix du Concours de musique de Montréal, en 2004. Si vous avez suivi la dernière édition du concours en 2011, vous savez que les candidats du plus haut calibre s’y inscrivent.

Serhiy est un musicien complet, créatif et curieux, et un formidable virtuose. Formé en composition, improvisation, musicologie et musique de chambre, ce sont toutes ces facettes qui sont réunies quand on l’entend jouer. Ses transcriptions pour piano seul de grandes oeuvres pour orchestre le distinguent parmi tous ceux qui veulent faire carrière. Écoutez (et achetez) son enregistrement du Sacre du Printemps de Stravinsky pour piano seul : J’adore cette version exaltante de cette pièce tant aimée.

Serhiy Salov se distingue aussi par une extraordinaire capacité à lire la musique, ce qui demande une intelligence, une connaissance profonde de la musique et de son langage. On dit que Franz Liszt aussi pouvait lire les choses les plus difficiles à première vue.

Justement, c’est à un concert Liszt que Serhiy nous convie bientôt à l’occasion du 200e anniversaire de naissance du compositeur.

C’est un rendez-vous le jeudi 15 décembre à la Chapelle Historique du Bon-Pasteur. C’est aussi une bonne occasion d’entendre le piano Fazioli remis à neuf en 2009.

Le programme:

-Wagner/Liszt, transcription Liebestod
-Sonate en si mineur

Entracte

-Rhapsodie Hongroise no. 12
-Six Études d’après Paganini
-Valse Méphisto

Billets en vente sur le réseau admission


 

Savoir jouer du piano représente une richesse inestimable. Y arriver demande un ensemble de conditions pas toujours évidentes.

Un bon banc à la bonne hauteur, un banc de pieds si nécessaire, un éclairage adéquat et un piano bien accordé sont certainement les préalables les plus faciles et les plus rentables à mettre en oeuvre.

Pour ce qui est de l’éclairage, je recommande les produits House of Troy. Leurs lampes de piano sont d’une facture irréprochable : elles ne basculent pas, elles ne vibrent pas…

J’ai vu chez un client cette solution créative: une lampe vendue à la quincaillerie (pour l’éclairage des tableaux) fixée sur un bloc de bois exotique assez lourd pour une bonne stabilité. Parfait !

 

Lampe de piano faite à la maison


Pour trouver un bon accordeur de piano, plusieurs se fient au bouche à oreille : quelqu’un que vous connaissez utilise les services de monsieur x et s’en dit satisfait. C’est avec confiance que vous l’engagerez à votre tour.

L’annuaire des Pages Jaunes, encore distribué, est une autre alternative. Pourtant, en 2011, un autre moyen de recherche plus écologique et plus intelligent est devenu incontournable: Internet.

On tape « accordeur de piano Montréal » dans Google par exemple. Que voit-on? En première place, sur fond coloré, et identifié comme annonce, ainsi que dans la marge de droite, se trouvent les résultats sponsorisés. Ce sont des annonces pour lesquelles les entreprises ont payé Google.

Les autres résultats, plus intéressants, sont présentés par ordre de pertinence. Ce sont les résultats naturels. En gros, les robots de Google parcourent sans relâche toutes les pages du web pour en indexer le contenu, cherchant des indices de qualité, des indices d’activité et de connexions: si plusieurs personnes lisent ce contenu et le recommandent à leur propre réseau, Google place ce contenu en bonne position. Vous cherchez un accordeur de piano à Montréal ? Les résultats présentés en meilleure position ont le plus de chance de vous être utile.

À la suite de mes rencontres avec Michelle Blanc, consultante en réseaux sociaux, j’ai choisi la formule Blog comme principale présence web de Piano Technique Montréal. Vous pouvez y lire des articles, vous y trouvez des photos, des extraits vidéos, des extraits sonores, et vous pouvez intervenir en commentant les articles ou en posant des questions. Ce que que vous y apprenez fait de vous un client plus avisé, et l’intérêt que vous y portez contribue au fait que le positionnement de l’entreprise soit excellent dans les résultats de recherche.

Je partage volontiers mon enthousiasme pour les réseaux sociaux, vecteur important de la prospérité de mon entreprise et de mes relations sociales. C’est donc grâce à mon blog que plusieurs de mes clients me trouvent. Grâce aux réseaux sociaux, je suis activement en lien avec des amis, des collègues, des fournisseurs, des inspirateurs, comme jamais auparavant, et j’aime ça ! La culture de générosité et de transparence qui y règne me plaît. Sur Twitter (@allansutton), sur Facebook (facebook.com/pianotechniquemontreal) ou ici même sur pianotechniquemontreal.com, nous nous rencontrerons avant de nous rencontrer, puis nous pourrons rester en contact.

« De bonnes conversations génèrent de bonnes affaires qui apportent de la valeur autant pour l’individu que pour l’organisation »(cité par Michelle Blanc,  Du média social aux affaires sociables, l’expérience d’IBM)


Michel Gonneville, compositeur et professeur au Conservatoire de Montréal, organise un événement remarquable.

J’ai la chance de jouer sa musique, qu’il a composé pour un conte musical mis en oeuvre par le Moulin à Musique en collaboration avec l’Ensemble Contemporain de Montréal, Gros Paul.

Nous avons travaillé au conservatoire cet été, sous la direction de la directrice de l’ECM, Véronique Lacroix, et j’ai été stimulé par cet environnement débordant de créativité. J’ai beaucoup apprécié la passion qui anime Véronique et Michel, et j’adore cette musique nouvelle (et difficile à jouer) qu’il m’a été donné d’apprendre, et que je jouerai beaucoup en représentation, je l’espère, dans les années à venir.

Je n’avais pas beaucoup fréquenté la musique contemporaine, tout occupé que j’étais à travailler Chopin, Schubert, Beethoven, au piano. J’aime entendre ces sons nouveaux, ces combinaisons, transformations, élucubrations, qui nous brassent les neurones et m’inondent le cerveau de flots d’endorphines grisantes.

Dans le cadre de l’événement Antiphonies Montréal- Mons, un concert que je ne veux pas manquer sera présenté mardi prochain.

Les compositeurs seront là, ils joueront dans certains cas eux-mêmes la musique des autres, et si je me fie à l’intensité déployée par Jean-Philippe Collard-Neven dans son concert tout Janacek de jeudi, ce sera vibrant.

Le grand Steinway sur la scène de la salle de concert du Conservatoire est très élégant, en passant.

Pour les billets: Sur le réseau Admission ou à la billetterie du conservatoire ($10)

 

MAJ dimanche 23 oct: Le concert était vraiment bon ! Il reste un dernier concert dans la série, cet après-midi à 15h30

Rappel – AntiphonieMontréalMons


J’ai passé des vacances extraordinaires, côtoyant entre autres Marc, Suzanne et leur fille Zoé avec qui nous avons partagé la même table ainsi que nos visites touristiques (Toulon, Monaco, Nice, Rome, Florence, Pise….. mamma mia !)

Le père de Suzanne s’est récemment acheté un piano à queue Yamaha tout neuf équipé d’un système Disklavier, version moderne du piano mécanique. Il s’agit d’un vrai piano acoustique équipé de capteurs très sensibles et d’un système électro-mécanique pour actionner les touches. On peut s’enregistrer soi-même ou faire jouer des enregistrements professionnels. C’est pas mal magique.

Tout heureux de leur montrer sa nouvelle acquisition, il les invita à souper, avec le piano en musique de fond.

Disklavier réception

Malheureusement, aussi sophistiqué que soit ce système, il ne permet pas de baisser le volume autant qu’on pourrait le faire avec un système de son. Comme musique d’ambiance, les gens trouvent que ça joue trop fort.

Déception !

Il existe une solution. La  sourdine pour piano  à queue proposée par l’inventeur Steven James, disponible depuis peu, permet de jouer soi-même sans déranger les voisins ou de laisser jour le piano automatique Disklavier ou Pianodisc sans surcharger l’espace sonore pour un meilleur confort de nos invités.

Quel sera le quatrième piano au Canada équipé de ce système ? J’ai effectué trois installations depuis un an: les clients s’en montrant entièrement satisfaits, n’hésitez pas à le demander à votre accordeur-technicien.


Ce fut une saison faste pour les amateurs de piano.

Le concours du Prix d’Europe s’est conclu par la victoire d’un pianiste, Charles Richard Hamelin. Il habite à côté de chez mon fils. Voulez-vous savoir si Charles a beaucoup pratiqué pour obtenir ce résultat fantastique ? C’était le centième anniversaire du concours, mais encore comme toujours,  cent fois-(et mille fois)-sur-le-métier-remettez-votre-ouvrage pour les concurrents.

Le Concours International de Musique de Montréal était consacré au piano et la gagnante, Béatrice Rana, a tout à fait mérité cet honneur. J’ai été déçu de ne pas pouvoir entendre l’ensemble des pièces préparées par Dorel Golan que j’ai eu le plaisir de rencontrer cette année, ayant travaillé sur le piano sur lequel elle pratiquait jour et (presque) nuit. Elle n’a pas été retenue pour la finale malgré des performances éblouissantes et généreuses, mais elle a gagné des fans enthousiastes. Elle a ce « quelque chose » d’unique qui la met dans une classe à part.

Enfin, pour sa première participation au Concours de Musique du Canada, Alexandre Savard a atteint son objectif d’obtenir 90 % et s’est classé 3e dans la classe des 21 ans. Il a gentiment laissé un commentaire sur ce blog pour vanter la performance de la sourdine que nous avons installée sur son Yamaha C6. Il attribue même une partie de son succès au fait que la sourdine lui a permis de travailler pendant toutes les heures nécessaires sans incommoder une voisine quelque peu intolérante.

Des bravos sont de mise pour tous les participants, et je salue bien sûr particulièrement ces jeunes musiciens que je connais un peu plus personnellement.

Enfin, je note avec plaisir que Lucie Renaud a été honorée par le prix Léo-Pol Morin (Prix d’Europe en journalisme musical) pour son portrait de Gidon Kremer paru dans le numéro de novembre 2010 de La Scena Musicale

Bon été à tous, et laissez la climatisation fonctionner chez vous, c’est bon pour votre piano !


Une corde est cassée ? Ça peut arriver si on joue trop fort. D’ailleurs, cette corde avait peut-être une faiblesse.

Ça fait un bruit inquiétant, et il y a lieu de s’inquiéter ! Si ça se produit dans une section où il y a deux ou trois cordes pour chaque note, vous pourrez encore jouer la note affectée mais la portée du marteau et de l’étouffoir correspondants sera inadéquate et d’autres bris sont à craindre.

Faut-il remplacer la corde ?

La plupart du temps, dépendant de l’endroit exact où le bris s’est produit, il sera préférable de simplement poser une nouvelle amorce.

Il faut réaliser qu’une corde neuve prendra plusieurs semaines avant de s’être étirée à son maximum pour rester enfin accordée de façon stable.

Pour les cordes de basses, celles qui sont filées d’un enroulement de cuivre sur un coeur d’acier, une corde neuve sur mesures entraînera des délais pour la commande et la livraison. Il existe bien des cordes « universelles » que les techniciens transportent avec eux, parmi lesquelles on peut choisir pour trouver un remplacement approximatif (pour un résultat approximatif aussi) mais dans tous les cas, une corde neuve n’aura pas une sonorité identique à celles plus vieilles qui l’entourent.

Les avantages de pouvoir conserver la vieille corde sont donc évidents: même sonorité, réparation sur le champ, stabilité de l’accord immédiat. Ne jetez pas une corde qui vient de casser !

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Les accordeurs techniciens les plus compétents maîtrisent l’art de faire un noeud dans ce matériau très difficile qu’est l’acier utilisé pour les cordes de piano.


Le Tempe Center for the Arts en Arizona se paye l’extraordinaire luxe d’avoir un piano fabriqué « sur mesure ».

Le Ravenscroft modèle 275 (275 centimètres, 9 pieds) en question est présentement dans l’atelier de Michael Spreeman, le maître d’oeuvre  de ce projet fascinant.

Lors de la commande initiale, le 275 que j’avais joué à la convention de Grand Rapids en 2009 avait été déménagé au Centre et on avait pu l’essayer dans chacune des trois salles pour évaluer les performances de l’instrument dans divers contextes. Suite à ces observations, alors que le piano existant utilisait le bois de Fiemme (comme les violons Stradivarius) il fut décidé d’utiliser pour la table d’harmonie du piano à construire l’épinette Sitka  du Canada qui possède les propriétés requises pour optimiser la projection sonore, avec une attaque puissante, sans sacrifier le soutien si important. Michael m’a dit que ces morceaux de bois spécifique appartenaient à Jude Revely (http://www.absolute-piano.com) qui les gardait pour un projet spécial.

table d'harmonie Ravenscroft

Il partage quatre albums de photos commentées (en anglais):

Le premier album montre la préparation de cette table d’harmonie.