Portrait d'Allan Sutton accordant un piano
Allan Sutton

L’Ensemble Contemporain de Montréal se surpasse en nous préparant un programme épatant où les époques et les disciplines se fondent au creuset de la créativité exubérante de leur directrice Véronique Lacroix.

 

 

Nous entendrons entre autres la pièce pour deux pianos et orchestre, Variations II de Pierre Klanac, du même acabit que celle-ci, présentée en 2007:

On présente les pianistes  Pestova-Meyer comme étant « stupéfiants de virtuosité ». Ça nous intéresse !

Lisez toutes les informations dans le communiqué.

Au plaisir de vous y rencontrer !

Mise à jour 21 avril: J’ai reçu cette bande-annonce du spectacle:

 


Décorations.

J’aime ces petits dessins qui ornent l’intérieur des vieux pianos.

Récemment, je ne suis mis à les photographier, pour rendre hommage aux artisans de jadis et pour qu’il en reste une trace alors que ces vieux instruments sont progressivement mis hors service. Voyez quelques-unes de mes photos sur Flickr.

Facile d’imaginer les nouveaux propriétaires d’il y a cent ans montrant fièrement l’intérieur de leur récente acquisition. Dans le temps, on prenait le temps de faire et on prenait le temps de voir!

Ces petits dessins gracieux n’existent plus dans les pianos neufs d’aujourd’hui.

Je serais heureux que vous apportiez votre contribution: vous pouvez ajouter des photos de l’intérieur de vos vieux pianos sur la page Facebook de Piano Technique Montréal.

Au plaisir…


S’il faut travailler sur les roulettes ou sur le plancher du piano, il faut le mettre sur le dos.

Avec le bon outil, il est facile de le faire, sinon il faudrait être plusieurs hommes forts.

 

 

Ici, le but était d’ajouter des roulettes (un « dolly ») à ce piano qui n’en avait pas.

Ajout d'un dolly

Merci à Steve Lecky, Collège Dawson, février 2011


jejouedupiano.com, qui se dit le premier consacré aux cours de piano en ligne pour tous les niveaux, offre aussi des entretiens, des commentaires d’experts  sur des interprétations trouvées sur YouTube, et un premier dossier :  Les conseils de Pierre Malbos pour acheter et entretenir votre piano

Les informations présentées sont très justes.   Si vous voulez acheter un piano, l’expert vous met en garde contre un vendeur de piano qui dirait: « Oui, là il n’est pas bien, mais vous verrez, après une préparation chez vous, ça sera le jour et la nuit ! ». Ce que l’on a envie de trouver dans un instrument doit être présent lors de l’achat, dit-il avec raison.

Puis:  » Il faut s’assurer que le piano que l’on a essayé et choisi en magasin va bien être celui qui sera livré. Je conseille donc de bien noter le modèle et le numéro de série et de préciser au vendeur que l’on veut ce piano et pas un autre »  Très judicieux !

Il insiste pour que l’acheteur fasse appel à un professionnel indépendant avant d’acheter un piano usagé.

Au sujet de l’entretien, après avoir parlé de l’accord et des réglages mécaniques, ce qu’il dit de l’harmonisation mérite d’être souligné:  « Cette opération ne peut se réaliser en une fois, c’est un travail de longue haleine, par petites touches et en plusieurs étapes. Il y a tout d’abord un travail technique de piquage. Il faut ensuite laisser reposer et que le pianiste joue avant de reprendre les choses quelques temps après.  Les meilleures harmonisations s’appuient sur le temps. Une harmonisation réalisée en une fois peut permettre de rattraper quelque chose mais ne durera pas. »

Enfin, je reproduis aussi sa réponse à la question « Comment trouver un bon accordeur »

« C’est une chose assez difficile car les clients ont souvent du mal à juger ce travail complexe. Le bouche à oreille me paraît être une solution. Plutôt que de parler de bon ou de mauvais accordeur, je parlerais de personne avec qui le pianiste doit instaurer une relation dans la durée. Il doit y avoir de la part du technicien une orientation, une façon d’aborder le son qui doit correspondre à ce qu’attend le pianiste. Par conséquent, chaque pianiste peut trouver son accordeur, sans penser qu’il y en a un meilleur que l’autre. La question ne se pose pas en terme de qualité mais en terme de compréhension. La notion de suivi me paraît primordiale. Il est préférable de faire intervenir toujours la même personne, qui puisse s’appuyer sur son travail précédent pour améliorer le piano à chaque passage. Lorsqu’un accordeur découvre un instrument, il lui faut un temps d’adaptation. Le premier accord est rarement le meilleur parce que chaque technicien a un geste particulier, sa propre façon de tourner la cheville, de caler l’accord, qui font que le piano va réagir aux différemment en fonction de l’accordeur. Quand il est habitué au même type de geste, il va être beaucoup plus stable. L’accordeur et le piano doivent s’accorder. »

Très éclairant ! Je suis d’accord.


Une nouvelle destination pour les amateurs de piano est apparue sur le Net. C’est Français, et ça se proclame « Le premier site de cours de piano en ligne pour tous les niveaux » : Jejouedupiano.com

La première leçon pour débutants est offerte en échantillon: la qualité de la vidéo est bonne, Marie-Josèphe Jude s’exprime bien et la position de la main et des doigts qu’elle préconise est bonne, tout en souplesse. Malheureusement, elle se met ensuite à lever et baisser chaque doigt comme pour l’isoler des autres sans aucune implication du bras. C’est une vieille façon qui n’a plus cours chez les professeurs les plus au fait des avancées de la connaissance sur la technique du piano. Surtout chez les débutants justement, il est important d’encourager l’implication de l’ensemble du bras pour chaque note jouée. Lever haut chaque doigt en essayant de n’en bouger aucun autre, et sans bouger le bras, mène tout droit à la raideur, l’inconfort, la dureté du son et éventuellement aux blessures.

Depuis  que j’ai regardé cet extrait la première fois, il a été écourté et on ne nous montre plus jusque là.

Une autre section du site intitulé « Le mag du piano » recèle un excellent article intitulé « Dossier: acheter et entretenir votre piano »


Il faudrait être à Paris pour voir le  film Pianomania ces jours-ci !

(Mise à jour 30 avril 2011: Jean-François Lamarche, programmateur au Cinéma du Parc, m’écrit: « … nous allons finalement présenter PIANOMANIA du 27 mai au 2 juin pour une semaine seulement… »)

(MAJ 31 mai: deux représentations s’ajoutent samedi et dimanche les 4 et 5 juin à 17h. Les sous-titres sont en anglais seulement. J’ai une paire de billets à faire tirer parmi ceux qui sont abonnés à ce blog par email ou à la page Facebook/pianotechniquemontreal et qui manifesteront leur intérêt par email ou autrement.)

La première a eu lieu à 20h15 le 5 janvier au Publicis, sur les Champs-Élysées à Paris.

Pianobleu propose une présentation du film très développée.

Les programmateurs du Cinéma du Parc m’ont promis de voir s’ils pourraient faire venir le film à Montréal.


Voici une interprétation visuelle de la pièce Clair de lune de Debussy.
C’est similaire à ce qu’un logiciel de séquence musicale nous offre comme présentation « piano roll » mais en plus coloré et dépouillé.

Plusieurs personnes préfèrent fermer les yeux en écoutant la musique mais Lang Lang, par exemple, semble penser que ses élucubrations gestuelles peuvent ajouter à l’expérience. Moi j’aime regarder le chef d’orchestre, le pianiste, l’ensemble à cordes. J’aime voir les regards complices des chambristes, les massives ondulations des choristes et les piétinements acharnés des organistes sur leur pédalier.

 


Sur une liste de discussion de la PTG, il y avait une conversation amusante au sujet des objets trouvés par l’accordeur de piano à l’intérieur de l’instrument qu’il s’apprête à accorder.

Ça commence par David Lawson qui a trouvé un véritable diamant. La propriétaire versa une larme; ça appartenait à sa bague de fiançailles. Les gens sont heureux de retrouver même les bijoux de moindre valeur.

Un couteau de boucher trouvé dans un piano d’une église de San Francisco et c’est parti, John Ashcraft imagine que c’est l’arme d’un crime, cachée là par le meurtrier.

Alan Eder trouve les pièces d’un casse-tête entier derrière le couvercle du clavier. Le petit garçon feint de s’étonner:  » Ah ! c’est là qu’il était passé ! »

D’autres objets perdus mentionnés par les participants à cet échange :  une médaille de St-Antoine (le saint qu’on invoque pour retrouver les objets perdus), des revues « coquines », un hot-dog tout  ratatiné, des clés d’auto, des souris mortes et leur nid, un oiseau mort, des certificats de placement, des pièces de monnaie, des CD…

Je trouve régulièrement quelque crayon ou trombone mais voici ce que j’ai enlevé  dans un petit Willis à queue, il y a quelques semaines : 23 crayons à mine, 2 gommes à effacer, 2 trombones, la pesée du balancier du métronome, la petite manette pour le remonter, une figurine de Astro-Boy, une règle de 6 pouces en plastique, des auto-collants, une douzaine de morceaux de papier, un couvercle de crayon feutre.

Une espèce de « piano préparé ».  John Cage aurait été fier !


Mon amie Diane, qui habite à Rosemère, m’a raconté que sa voisine a reçu la semaine dernière la visite d’un accordeur de piano comme dans l’ancien temps. Il passait de maison en maison pour offrir ses services.

L’accordeur itinérant se promenait d’un village à l’autre, l’air bizarre, regardé avec un mélange de crainte, de mépris et de curiosité. Le mot se passait: l’accordeur était en ville. Du presbytère au bar, du notaire au barbier, il touchait tous les pianos en échange d’un nouveau chapeau, d’un repas, d’un lit pour la nuit ou de quelques pièces de monnaie. Quand allait-il revenir ? Inutile de lui demander: il reviendrait quand ça lui conviendrait.

On trouve un vieil article qui relate que Charles Fisher, un accordeur de piano itinérant, a été ramené de Chicago par le  shérif du comté, quelques heures après avoir séduit et emmené  mademoiselle May O’Connor, la fille d’un riche résident de Harvard dans l’ Illinois. Les autorités l’ont protégé avec difficulté de la foule indignée avant que le juge ne le condamne pour enlèvement. Miss O’Connor, elle, est retournée sagement à la maison. L’histoire ne dit pas s’il a au moins accordé son piano…

Le père de Gilles Villeneuve, le coureur automobile légendaire, était accordeur de piano itinérant.

 


La liste de discussion Pianotech de la PTG est un espace de partage et une source d’information très importante pour les techniciens du monde entier. Cette semaine, un sujet passionnant a été proposé par Nick Gravagne, de l’Arizona, un technicien réputé et formateur apprécié.

Un magasin de piano a fait appel à ses services pour travailler sur quatre nouveaux Mason & Hamlin qui présentent un problème: bien que le son de ces pianos présente de belles qualités d’enveloppe et de soutien, ça sonne comme de « l’artillerie » et les notes de la section de la mélodie s’apparentent à « des coups de fusil dans une salle de bain ».

S’ensuivent des recommandations au sujet des outils et techniques employés par chacun pour faire face  à cette situation et des témoignages plus colorés, comme celui de Dale Erwin, cinglant,  irrité par les raisons invoquées par les manufacturiers pour des pianos livrés avec des marteaux trop durs : « il faut laisser le technicien effectuer l’harmonisation selon le lieu particulier où sera entendu le piano » ou bien « les gens demandent des pianos brillants ». Les solutions ? Endurer, essayer la solution d’alcool et d’eau, piquer furieusement les marteaux jusqu’à épuisement ? Et ensuite, prendre le blâme si ça ne donne pas les résultats escomptés ?

Il en a trop bavé dans le passé, dit-il:  » remplacez ces marteaux par de meilleurs marteaux neufs,  en n’en parlons plus ! »

David Stanwood et Del Fandrich, deux légendes modernes parmi les techniciens, apportent une excellente contribution en partageant leurs points de vue:

Ils sont heureux de constater un retour vers les marteaux pressés à plus basse température, utilisant le feutre non traité, et ce même parmi les manufacturiers avec leurs impératifs de productivité et d’efficacité (Young Chang et Hailun en particulier). Des raffinements aux techniques ancestrales permettent aujourd’hui encore de répondre à cet idéal dans la fabrication des marteaux pour pianos: « …obtenir une fondation ferme, avec progressivement plus de souplesse et d’élasticité vers la surface, qui elle, doit être douce et soyeuse pour permettre les nuances les plus subtiles, avec en même temps assez de soutien et de résistance en profondeur pour des FF puissants et riches. »

« L’obsession de la puissance porte à négliger les couleurs plus intimes et les pp magiques« , dit David Stanwood.

Del Fandrich affirme que OUI, on peut avoir toutes la gamme des possibilités expressives dans un seul marteau qui aurait été fabriqué avec soin et intelligence, sans devoir appliquer de techniques violentes et destructrices de piquage intensif. Il mentionne aussi avec raison que tous les marteaux ne conviennent pas à toutes les applications: Un grand Yamaha de concert ne requiert pas les mêmes marteaux qu’un vieux Steinway reconditionné…

Tout ceci est cohérent avec ce courant moderne vers l’écologique, le naturel, l’économie d’énergie et la qualité de l’environnement. Des marteaux faits de feutre biologique et équitable, ça sonne doux à nos oreilles, ou magnifiquement fort, comme on veut !