Portrait d'Allan Sutton accordant un piano
Allan Sutton

Une nouvelle destination pour les amateurs de piano est apparue sur le Net. C’est Français, et ça se proclame « Le premier site de cours de piano en ligne pour tous les niveaux » : Jejouedupiano.com

La première leçon pour débutants est offerte en échantillon: la qualité de la vidéo est bonne, Marie-Josèphe Jude s’exprime bien et la position de la main et des doigts qu’elle préconise est bonne, tout en souplesse. Malheureusement, elle se met ensuite à lever et baisser chaque doigt comme pour l’isoler des autres sans aucune implication du bras. C’est une vieille façon qui n’a plus cours chez les professeurs les plus au fait des avancées de la connaissance sur la technique du piano. Surtout chez les débutants justement, il est important d’encourager l’implication de l’ensemble du bras pour chaque note jouée. Lever haut chaque doigt en essayant de n’en bouger aucun autre, et sans bouger le bras, mène tout droit à la raideur, l’inconfort, la dureté du son et éventuellement aux blessures.

Depuis  que j’ai regardé cet extrait la première fois, il a été écourté et on ne nous montre plus jusque là.

Une autre section du site intitulé « Le mag du piano » recèle un excellent article intitulé « Dossier: acheter et entretenir votre piano »


Il faudrait être à Paris pour voir le  film Pianomania ces jours-ci !

(Mise à jour 30 avril 2011: Jean-François Lamarche, programmateur au Cinéma du Parc, m’écrit: « … nous allons finalement présenter PIANOMANIA du 27 mai au 2 juin pour une semaine seulement… »)

(MAJ 31 mai: deux représentations s’ajoutent samedi et dimanche les 4 et 5 juin à 17h. Les sous-titres sont en anglais seulement. J’ai une paire de billets à faire tirer parmi ceux qui sont abonnés à ce blog par email ou à la page Facebook/pianotechniquemontreal et qui manifesteront leur intérêt par email ou autrement.)

La première a eu lieu à 20h15 le 5 janvier au Publicis, sur les Champs-Élysées à Paris.

Pianobleu propose une présentation du film très développée.

Les programmateurs du Cinéma du Parc m’ont promis de voir s’ils pourraient faire venir le film à Montréal.


Voici une interprétation visuelle de la pièce Clair de lune de Debussy.
C’est similaire à ce qu’un logiciel de séquence musicale nous offre comme présentation « piano roll » mais en plus coloré et dépouillé.

Plusieurs personnes préfèrent fermer les yeux en écoutant la musique mais Lang Lang, par exemple, semble penser que ses élucubrations gestuelles peuvent ajouter à l’expérience. Moi j’aime regarder le chef d’orchestre, le pianiste, l’ensemble à cordes. J’aime voir les regards complices des chambristes, les massives ondulations des choristes et les piétinements acharnés des organistes sur leur pédalier.

 


Sur une liste de discussion de la PTG, il y avait une conversation amusante au sujet des objets trouvés par l’accordeur de piano à l’intérieur de l’instrument qu’il s’apprête à accorder.

Ça commence par David Lawson qui a trouvé un véritable diamant. La propriétaire versa une larme; ça appartenait à sa bague de fiançailles. Les gens sont heureux de retrouver même les bijoux de moindre valeur.

Un couteau de boucher trouvé dans un piano d’une église de San Francisco et c’est parti, John Ashcraft imagine que c’est l’arme d’un crime, cachée là par le meurtrier.

Alan Eder trouve les pièces d’un casse-tête entier derrière le couvercle du clavier. Le petit garçon feint de s’étonner:  » Ah ! c’est là qu’il était passé ! »

D’autres objets perdus mentionnés par les participants à cet échange :  une médaille de St-Antoine (le saint qu’on invoque pour retrouver les objets perdus), des revues « coquines », un hot-dog tout  ratatiné, des clés d’auto, des souris mortes et leur nid, un oiseau mort, des certificats de placement, des pièces de monnaie, des CD…

Je trouve régulièrement quelque crayon ou trombone mais voici ce que j’ai enlevé  dans un petit Willis à queue, il y a quelques semaines : 23 crayons à mine, 2 gommes à effacer, 2 trombones, la pesée du balancier du métronome, la petite manette pour le remonter, une figurine de Astro-Boy, une règle de 6 pouces en plastique, des auto-collants, une douzaine de morceaux de papier, un couvercle de crayon feutre.

Une espèce de « piano préparé ».  John Cage aurait été fier !


Mon amie Diane, qui habite à Rosemère, m’a raconté que sa voisine a reçu la semaine dernière la visite d’un accordeur de piano comme dans l’ancien temps. Il passait de maison en maison pour offrir ses services.

L’accordeur itinérant se promenait d’un village à l’autre, l’air bizarre, regardé avec un mélange de crainte, de mépris et de curiosité. Le mot se passait: l’accordeur était en ville. Du presbytère au bar, du notaire au barbier, il touchait tous les pianos en échange d’un nouveau chapeau, d’un repas, d’un lit pour la nuit ou de quelques pièces de monnaie. Quand allait-il revenir ? Inutile de lui demander: il reviendrait quand ça lui conviendrait.

On trouve un vieil article qui relate que Charles Fisher, un accordeur de piano itinérant, a été ramené de Chicago par le  shérif du comté, quelques heures après avoir séduit et emmené  mademoiselle May O’Connor, la fille d’un riche résident de Harvard dans l’ Illinois. Les autorités l’ont protégé avec difficulté de la foule indignée avant que le juge ne le condamne pour enlèvement. Miss O’Connor, elle, est retournée sagement à la maison. L’histoire ne dit pas s’il a au moins accordé son piano…

Le père de Gilles Villeneuve, le coureur automobile légendaire, était accordeur de piano itinérant.

 


La liste de discussion Pianotech de la PTG est un espace de partage et une source d’information très importante pour les techniciens du monde entier. Cette semaine, un sujet passionnant a été proposé par Nick Gravagne, de l’Arizona, un technicien réputé et formateur apprécié.

Un magasin de piano a fait appel à ses services pour travailler sur quatre nouveaux Mason & Hamlin qui présentent un problème: bien que le son de ces pianos présente de belles qualités d’enveloppe et de soutien, ça sonne comme de « l’artillerie » et les notes de la section de la mélodie s’apparentent à « des coups de fusil dans une salle de bain ».

S’ensuivent des recommandations au sujet des outils et techniques employés par chacun pour faire face  à cette situation et des témoignages plus colorés, comme celui de Dale Erwin, cinglant,  irrité par les raisons invoquées par les manufacturiers pour des pianos livrés avec des marteaux trop durs : « il faut laisser le technicien effectuer l’harmonisation selon le lieu particulier où sera entendu le piano » ou bien « les gens demandent des pianos brillants ». Les solutions ? Endurer, essayer la solution d’alcool et d’eau, piquer furieusement les marteaux jusqu’à épuisement ? Et ensuite, prendre le blâme si ça ne donne pas les résultats escomptés ?

Il en a trop bavé dans le passé, dit-il:  » remplacez ces marteaux par de meilleurs marteaux neufs,  en n’en parlons plus ! »

David Stanwood et Del Fandrich, deux légendes modernes parmi les techniciens, apportent une excellente contribution en partageant leurs points de vue:

Ils sont heureux de constater un retour vers les marteaux pressés à plus basse température, utilisant le feutre non traité, et ce même parmi les manufacturiers avec leurs impératifs de productivité et d’efficacité (Young Chang et Hailun en particulier). Des raffinements aux techniques ancestrales permettent aujourd’hui encore de répondre à cet idéal dans la fabrication des marteaux pour pianos: « …obtenir une fondation ferme, avec progressivement plus de souplesse et d’élasticité vers la surface, qui elle, doit être douce et soyeuse pour permettre les nuances les plus subtiles, avec en même temps assez de soutien et de résistance en profondeur pour des FF puissants et riches. »

« L’obsession de la puissance porte à négliger les couleurs plus intimes et les pp magiques« , dit David Stanwood.

Del Fandrich affirme que OUI, on peut avoir toutes la gamme des possibilités expressives dans un seul marteau qui aurait été fabriqué avec soin et intelligence, sans devoir appliquer de techniques violentes et destructrices de piquage intensif. Il mentionne aussi avec raison que tous les marteaux ne conviennent pas à toutes les applications: Un grand Yamaha de concert ne requiert pas les mêmes marteaux qu’un vieux Steinway reconditionné…

Tout ceci est cohérent avec ce courant moderne vers l’écologique, le naturel, l’économie d’énergie et la qualité de l’environnement. Des marteaux faits de feutre biologique et équitable, ça sonne doux à nos oreilles, ou magnifiquement fort, comme on veut !


Pour savoir communiquer efficacement avec votre technicien, il est utile de savoir nommer les notes qui posent problème.

Le premier « do » grave est désigné « do 1″.  Suivent « ré 1″, « mi 1″ etc.

Notez que le  « la » et le « si » qui sont situés plus à gauche sont nommés  « la 0″ et « si 0″. Sur un Bosendorfer Impérial qui possède des notes graves supplémentaires, celles-ci portent l’identifiant « zéro » aussi.

Le  « la 440″ qui sert souvent de référence est le « la 4″ sur le piano. Le « la » du diapason est celui-là, dont la fréquence est 440 hz (hertz, ou vibrations par seconde). Le « do central » est le do 4.

Cette nomenclature est efficace pour  inscrire vos observations lorsque vous remarquez des comportements inhabituels de certaines notes; il est possible que le comportement ne se manifeste pas  lorsque le technicien sera là !


Les pianos Kawai et Yamaha étaient présents
Les pianos Kawai et Yamaha étaient présents

J’étais parmi plus de 700 participants, spécialistes et amoureux du piano, fabriquants et fournisseurs, rassemblés pour un grand événement du 26 au 30 juin 2010 à Las Vegas.

La  53e édition de cette convention annuelle proposait des ateliers techniques, une foire commerciale, des remises de prix et du divertissement.

L’impression générale ? Optimisme à propos de l’industrie du piano, durement éprouvée dans les dernières années.

« Les choses s’améliorent », dit Allan Gilreath, le président de la Piano Technicians Guild. « Il reste bien sûr plusieurs défis à relever, mais il y a aussi tant d’opportunités ! Ce qui fait la différence pour les membres de la PTG c’est cet engagement envers l’éducation continue tel que démontré dans des événements comme celui-ci. C’est la combinaison de nouveaux savoirs et d’une volonté d’offrir un service à la clientèle exemplaire qui garantit le succès. »

Le salon professionnel était complet, les manufacturiers et distributeurs d’instruments, d’outils et de fournitures occupant toutes les tables. Aux participants de la convention fut offert concerts, repas et réceptions. On notait la présence de commanditaires majeurs dont Yamaha, les marteaux Abel, Kawai, Brooks et plusieurs autres.

« Le niveau de support de nos participants, commanditaires et exposants fut formidable », dit Barbara Cassady, directrice exécutive de la PTG. « Il est particulièrement agréable de voir la quantité de compagnies et d’individus qui étaient présents cette année après quelques années d’absence. C’est bon de savoir que l’industrie du piano nous voit comme un endroit propice pour relever les défis. »

L’édition 2011 se tiendra à Kansas City. La Piano Technicians Guild est la plus importance source d’expertise pour le service de pianos au monde. Elle fait la promotion des standards les plus élevés en offrant des opportunités de développement professionnel, en organisant des examens et en veillant aux intérêts de ses 4,000 membres.

Les fabricants et fournisseurs présentent leurs produits
Les fabricants et fournisseurs présentent leurs produits

« Nous déclarons que nous sommes tous responsables: éducateurs,  politiciens, organisations sociales, syndicats, églises, pour la sauvegarde et la protection de notre mère la terre et nous proclamons qu’un monde différent est possible. »

Le texte est tiré de la Déclaration de la Cour pénale européenne pour l’environnement lors du Forum international à Venise en 2009.

La voix de l’enfant a été analysée et ses composantes spectrales traduites en « pixels » sonores.  Un logiciel séquenceur normal pilote  une sorte de « joueur de piano » mécanique pour reproduire la voix. N’est-ce pas magique ?


Un RPT (Registered Piano Technician, technicien de pianos accrédité)  est un technicien-accordeur qui a passé avec succès trois examens très rigoureux sous la supervision de la Piano Technicians Guild Inc. Le premier est un examen écrit portant sur les connaissances générales et tous les aspects techniques du piano. Le second est un examen pratique de réparation et de réglages où le candidat doit démontrer ses habiletés et ses compétences autant pour les pianos droits que pour les pianos à queue. Le troisième est un examen d’accord où la justesse et la stabilité des ajustements sont rigoureusement évalués par un panel d’experts. Un minimum de 80% est exigé dans chacune des sections de chaque test afin d’obtenir l’accréditation de la PTG.

Le logo RPT

Pour trouver un technicien-accordeur RPT dans votre région,  la Piano Technicians  Guild met à disposition un outil facile à utiliser. Vous n’avez qu’à y inscrire votre code postal. Il n’y a que 4 techniciens-accordeurs désignés RPT dans la grande région  de Montréal  selon ce répertoire.

L’utilisation du logo de la PTG est exclusivement réservée aux RPT.